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J'irai d'Irak à Google Noto Fonts

Pierre de Rosette : l'affiche de communication

 


D'Irak ! Je devrais plutôt parler de Mésopotamie ! Ce berceau de civilisations telles que Sumer. J'y reviens juste après.

Dans mon travail, on se doit de jongler entre images et mots, avec leurs symboles et leurs charges émotionnelles, plus ou moins partagés par tout un chacun. Les mots sont employés dans la plupart des supports de communication :des  affiches aux magazines en passant par la page que vous êtes en train de lire ! Mis à part l'époque où nous avions une agence à Casablanca, où il m'arrivait de concevoir des packagings avec calligraphie arabes (avec un infernal Adobe ME buggé), je travaille essentiellement sur l'alphabet dit latin (et on dira surtout par choix).

Open sans, la webfont aux 370 milliards d'affichages

logo décliné France/MarocLa typographie nous entoure par ses styles, et par le sens…avec ou sans serif, cursive, gothique etc.
Et cela sans compter les autres types d'annotations : 

Alphabet (latin, cyrillique) - Abjad (arabe, hébreu) - Alpha syllabaire (sanskrit) - Sinogramme (asiatique) - Cunéiforme (sumérien) Logogramme (Égypte) - mais aussi Braille (malvoyants) - Sténographie (notes rapides)...

Ces derniers temps (et pour des raisons évidentes), il est assez frappant de réaliser la grande variété de caractères "romanisés" affichés sur le web passant par plateforme archi-utilisée GooglewebFont. Si auparavant, pour des raisons techniques, les webdesigners se cantonnaient à quelques polices couramment installées sur l'ordinateur client (technique courante), maintenant grâce au serveur GoogleWebFont (mais aussi les gratuits/payants Typekit, FontDeck, Fontsquirrel, TypeFront, Fonts.com, etc) ils peuvent se permettre bien plus (trop) de fantaisies.

Garantissant unité de lecture et rapidité (après test de lisibilité), ces solutions permettent de rendre son site plus dynamique donc plus attractif. Cette pratique est devenue norme, il suffit de voir les statistiques de Open Sans (le Arial freeware) : 370 milliards d'affichages depuis sa mise à disposition sur le serveur. Cette "police de caractère" gère 897 caractères (standard ISO Latin 1, Latin CE, Grec et Cyrillique, compatible web et print). Vous comprenez donc bien son succès !

 

Google Fonts 2014-06-18 11-10-17

 

Et plus fort encore, dans un effort d'unification Google vient donc de rendre public un projet visant à harmoniser toutes les écritures du monde (et leurs caractères Unicode), dans une police appellée Noto Fonts (le pack global est téléchargeable ici). Un vrai travail de Babylonien !

Google-Noto-Fonts-4

Pourtant le chemin qui nous a conduits jusqu'à cet alphabet communément utilisé sur les ordinateurs et les smartphones est long, très long ! Cette orgie d'accessibilité de l'information s'est fait grâce à la révolution internet. Comme l'a été auparavant celle de l'imprimerie qui a remplie en son temps les Universités, vidant ainsi les monastères où étaient réalisés jusqu'alors à la main les codex des moines copistes. Et avant cela ? Nous remontons jusqu'aux confins de l'Histoire, bien avant que l'homme n'utilise des rouleaux dont les volumes garnissaient l'Antique Bibliothèque d'Alexandrie, conservant comptabilité et mythes. Nous voici au moment où la transmission par l'oralité laisse place aux dessins et aux pictogrammes. 

 

En effet, il est logiquement admis que l’humanité est entrée dans l’Histoire par l’écriture. L'ancestrale tradition de transmission orale, soumise elle-même aux variations d'usages, cédait la place à l'usage pratique et persistant de l'écrit (par le biais entre autre de la comptabilité et donc du commerce). Nous pouvons même remonter aux plus vieilles peintures rupestres du paléolithique pour voir ces premières œuvres humaines s'adresser à un spectateur, lecteur du présent ou de l'avenir. Par la peinture, l'Homme montre qu'il est conscient de lui-même dans ce monde, et conscient qu'un autre regard est susceptible de voir ces/ses marques, plus tard, bien plus tard ! Il s'adresse aussi à ce regard du futur.

L'itération graphique des symboles va conduire à une tentative de nommer un mot abstrait, de désigner un concept ou un objet faisant appel à la mémoire commune. Dès lors que les symboles deviennent normalisés et convenus, alors ils deviennent information intemporelle d'un émetteur à un récepteur : phonographie (forme représente un son), idéographie (lettre/forme designe un concept), orthographie (règle la façon d'écrire dans une langue), graphématique, sémiologie, étymologie... bref un paquet de notions imbriquées à retrouver ici. 

Les hiéroglyphes et les signes cunéiformes présentent une forte valeur symbolique lorsqu'il s'agit de fixer les bornes originelles de l'Histoire avec un grand H, aux frontières du néolithique. De Khambat à Sumer (Mésopotamie dont je parlais plus tôt), en passant l’Égypte (la Pierre de Rosette présentée plus haut), les Phéniciens ou les Minoens, jailliront différents idéogrammes dont certains seront la base de la composition des alphabets sur lesquels reposent encore nos civilisations. En effet, les écritures proto-sinaitiques sont à l'origine d'une grande partie des styles d'écritures actuels sur terre.

 

infographie des générations humaines, évolution de la communication

J'irais d'Aleph à @

De Aleph, lettre dérivée de la représentation graphique d'une tête de taureau, est issu notre A (alpha) première lettre et voyelle de notre alphabet moderne, sublimée ensuite par le @ à la forte charge technique et symbolique .

Dans l'infographie ci-dessous, je m'amuse à établir ce parallèle entre les aires de civilisations et l'évolution de l'écrit depuis les débuts de celui-ci jusqu'à l'an 1000 afin de présenter ce cheminement. Puis un schéma décrivant les ricochets opérés par les écritures à travers les continents, au travers des âges. Je me suis appuyé sur diverses ressources graphiques isolées pour obtenir ces représentations (notamment pour la première carte, issue de ce superbe site d'archives)

 

Voir infographie en plein écran

Comme nous le constatons, l'humanité a imaginé un grand nombre de style d'écritures adaptées par et pour l'usage oral (mais pas systématiquement). La communication reste un "art libéral" plastique, qui varie au cours des âges. Et inévitablement nous ne pouvons que nous demander de ce qui nous attend demain, car à l'heure des réseaux sociaux, du big data, des blogs : nous n'avons jamais autant écrit et même, et peut-être n'avons jamais autant lu...

Et même si la grammaire et la conjuguaison souffrent de cette fièvre de l'écrit, nous restons dans une logique de sélection pragmatique et phonétique en acceléré. La mondialisation "créolise" les parlers et les écrits (voir l'exemple de la Darija, écriture phonétique arabe avec un clavier azerty).

Reste à voir si les supports de communication que seront les commandes vocales, gestuelles, la place de la video/ 3D/ Réalité augmenté ou les interfaces rétiniennes préserveront cette dynamique de l'écrit. La question est posée, mais espérons-le.

 

 Annexe

 

 

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